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    Si le real poursuit sa chute, on reviendra à un contrôle des changes
    Assunto: Conjuntura Econômica e Economia Monetária e Financeira
    Entrevista dada ao Le Monde em 03 de fevereiro de 1999 pelo Prof. Otaviano Canuto

    Comment expilquez-vous que la situation se soit dégradée aussi vite au Brésil?

    >> La politique adoptée par le Brésil, après la crise mexicaine de 1994, a échoué. Non seulement elle n'a pas permis à la croissance économique de décoller, mais elle a entraîné un alourdissement du service de la dette.
    >> Le gouvernement espérait que les réformes structurelles mises en place dans le secteur public (pré-voyance, administration et fiscalité), ainsi que les revenus tirés des privatisations, suffraient à combler le déficit public à temps.Mais cela supposait de disposer de suffisamment de capitaux extérieurs pendant cette transition...C'était sans compter avec la crise asiatique de 1997, qui a eu un trés fort effet de contagion en provoquant à la fois le retrait des capitaux les plus volatils et des attaques spéculatives contre le real.Le gouvernement a riposté par l'augmentation des taux d'intérêt.Ceux-ci ont atteint jusqu'à 50%!Fatal pour la croissance...
    >> Dans un premier temps, la politique gouvernementale a néanmoins réussi à maintenir le régime des changes en vigueur.Le Brésil pensait avior obtenu un répit:grâce à un retour des capitaux ,les réserves de change ont atteint, lors du premier semestre 1998,plus de 70 milliards de dollars.Mais la question des déficits publics n'était pas réglée pour autant.Le défaut de paiement de la Russie a porté le coup de grâce, en provoquant un mouvement de fuite des capitaux.

    A quoi faut-il s'attendre maintenant?

    >> Le programme d'ajustement fiscal négocié par le gouvernement, en échange de l'appui de la communauté internationale, suscite beaucoup de doutes quant à la possibilité de réduire l'endettement public. Il en va de même pour l'évolution future du taux de change du real. Les remédes traditionnels ont éte appliqués, mais le patient ne manifeste aucun signe visible de récupération, ce qui peut être, il est vrai, une question de temps.
    >> En supposant que la dévaluation du real reste située entre 20% et 30% et que l'inflation tourne autour de 10% pour cette année, après une hausse des prix pratiquement nulle en 1998, il est possible de redresser la barre. Mais, si la monnaie brésilienne poursuit sa chute, il est probable que l'on reviendra alors à un système d'économie indexée et on s'acheminera, à coup sûr, vers la récession.

    Il faut donc s'attendre à un scénario asiatique?

    >> Pas nécessairement. Le secteur privé brésilien, y compris son système bancaire, est moins endetté, et les réserves de change ne sont pas épuisées.Mais, si la confiance ne revient pas, ces atouts ne seront d'aucun secours.L'aide internationale ne servira alors qu'à financer la sortie de capitaux privés, et les efforts gouvernementaux deviedront inopérants.Dans ce cas, le Brésil pourrait être contrait à adopter un scénario de style Malaisie, qui passe par une baisse des taux d'intérêt et un contrôle des changes et des mouvements de capitaux.
    >> Il est trop tôt pour opter pour cette voie, qui isolerait le Brésil sur la scène internationale.Les conséquences désastreuses d'un tel choix pour la croissance à venir, tant du Brésil que de l'Amérique latine, justifient, à elles seules, que l'on attende jusqu'au dernier moment de voir si le flottement du real et l'amélioration des comptes publics parviennent à actuelle de fuite des capitaux.